Description
Il s’agit du documentaire Rose – « Celle qui priait toujours », réalisé par Sébastien Cassen, qui retrace la vie exceptionnelle de Rose Philippine Duchesne, figure iséroise dont le destin, à la fois intime et universel, mérite d’être porté à l’écran.
Née à Grenoble en 1769 au sein d’une famille noble du Dauphiné, Rose Philippine Duchesne grandit dans une époque marquée par les Lumières et les bouleversements politiques. Son père, conseiller au Parlement, incarne cette élite grenobloise engagée, mais c’est contre les attentes familiales qu’elle choisit très tôt la vie religieuse, puis l’aventure missionnaire.
La Révolution française viendra briser ses premiers élans, la contraignant à cacher des prêtres au péril de sa vie, avant de voir son couvent dissous.
Pourtant, son rêve d’Amérique, nourri depuis l’enfance par les récits de terres lointaines, ne la quittera jamais. À plus de quarante ans, elle traverse l’Atlantique à bord de La Rebecca, quittant définitivement son monde pour rejoindre les États-Unis, où elle consacrera sa vie à l’éducation et à la rencontre avec les peuples autochtones, notamment les Potawatomi. Ceux-ci, touchés par sa présence silencieuse et sa foi inébranlable, lui donneront ce surnom évocateur : « la femme qui prie toujours ».
Son histoire, aussi riche que méconnue, est indissociable de l’Isère, où tout a commencé. Les paysages de Grenoble, du Vercors et de la Chartreuse, qui ont bercé son enfance, serviront de fil conducteur visuel au documentaire, créant un dialogue poétique entre son point de départ et les immenses plaines du Kansas, où elle achèvera sa vie.
Ce projet ne se contente pas de retracer une biographie : il propose une plongée dans l’histoire locale, tout en offrant une réflexion sur des thèmes universels comme la résilience, l’audace féminine et le dépassement des limites imposées par son époque.
Le film met en lumière une figure dont le parcours parle avec une résonance particulière à notre époque.
Rose Philippine Duchesne incarne en effet une femme pionnière, qui a osé défier les conventions de son temps pour suivre sa voie, quelles qu’en fussent les difficultés. Son histoire, marquée par des effondrements politiques, des désillusions missionnaires et une quête spirituelle sans faille, offre un éclairage précieux sur les tensions entre idéal et réalité, entre fidélité et liberté. Ces thèmes, traités avec rigueur et sensibilité, en font un projet à la fois pédagogique et inspirant, susceptible de toucher un large public, des scolaires aux amateurs d’histoire.
Sur le plan cinématographique, le documentaire se distingue par une approche immersive et poétique. La narration repose entièrement sur les lettres originales de Rose Philippine Duchesne, dont les mots, lus en voix off, donnent à entendre ses doutes, ses espérances et sa détermination.
Ces archives, autorisées par la Congrégation du Sacré-Cœur, constituent le fil conducteur du récit, tandis que les paysages isérois et américains, filmés avec soin, créent une résonance visuelle entre son départ et son destin.
Des intervenants de qualité, tels que l’historienne Catherine Marin, l’autrice Christine Delmar ou encore Joseph Rupnick, Chairman du Tribal Council de la Prairie Band Potawatomi Nation, apportent un éclairage contemporain sur son héritage, permettant de replacer son action dans le contexte politique, religieux et culturel de son époque, sans occulter les contradictions, comme l’esclavage ou les tensions coloniales.
Au-delà de sa dimension artistique, ce documentaire a vocation à rayonner concrètement sur le territoire. Nous envisageons en effet des projections-débats dans les collèges et lycées, accompagnées de supports pédagogiques pour les enseignants, afin que Rose Philippine Duchesne devienne une figure inspirante pour les jeunes générations.
Une avant-première pourrait également être organisée à Grenoble, en partenariat avec des institutions locales comme le Musée dauphinois, afin de célébrer ce patrimoine commun et de susciter l’intérêt du grand public. Enfin, le film pourrait s’inscrire dans des parcours historiques ou touristiques, mettant en valeur les lieux grenoblois liés à son enfance et à sa formation.
D’autres projections notamment à Paris et Lyon sont aussi planifiées.
Le tournage n’est qu’une première étape. Pour que l’histoire de Rose Philippine Duchesne puisse pleinement prendre vie à l’écran, le documentaire doit maintenant entrer en post-production.
Les 8 000 € collectés permettront de financer le montage et le mixage du son, l’étalonnage des images, la création du générique ainsi que la préparation de la version définitive du film.
Ce travail, souvent invisible, est essentiel pour restituer avec justesse la profondeur de son témoignage, la force de sa vocation missionnaire et la place centrale de la prière dans sa vie.
En soutenant cette dernière étape, vous nous aidez à transmettre aux nouvelles générations l’héritage spirituel de celle que l’on appelait “la femme qui priait toujours”.