Description
C’est une histoire tragique qui a profondément marqué la mémoire de Maulévrier (Maine et Loire). Mais au-delà d’un drame familial, c’est aussi l’histoire d’une renaissance spirituelle.
La famille des Colbert de Maulévrier est issue du frère cadet du célèbre ministre de Louis XIV. Cette lignée des Colbert prendra fin tragiquement le mercredi 1er septembre 1847, là où Paul Édouard Victurnien perdit la vie dans un accident de chasse, âgé de 16 ans. Il était le fils unique de Charles Antoine Victurnien, Marquis de Colbert Maulévrier (1793-1859), et de Marie Louise Martiane de Guigues de Moreton de Chabrillan (1806-1857).
Cette tragédie changea totalement la destinée de Maulévrier. Le marquis de Colbert fera don de l’ensemble de sa propriété à une communauté missionnaire. La marquise, quant à elle, fréquentera régulièrement un couvent situé aux portes de Paris. Charles Antoine de Colbert, dont la tradition rapporte le cri "Seigneur, que votre volonté soit faite, mais vous me faites cruellement rappeler que je vous avais oublié" entreprendra l’édification d’une élégante stèle, portant un Christ.
Le marquis de Colbert sera le maître d’oeuvre de cette œuvre monumentale bâtie sur le lieu du drame. Au centre d’un enclos carré de 8,50 m de côté, ceint par un muret de 75 cm de hauteur supportant une rambarde en fer forgé, il fera édifier une stèle atypique de 7,38 de hauteur, (rappelant l’altitude du Golgotha de 738 m) et dont le fût à tambours est surmonté d’un chapiteau orné d’angelots surveillant les lieux.
La majestueuse Stèle se termine par une Croix façonnée en roche de Lavoux (calcaire ferme, proche Poitiers) d’environ 1,65 m de haut. Par la mise en place de trois couronnes de Roses intercalées entre les tambours de granite, le marquis exprime ici sa dévotion à la Très Sainte Vierge Marie.
À proximité de la Stèle, siège une statue monumentale, acquise par le marquis de Maulévrier entre 1852 et 1856, vraisemblablement sculptée sous l’ancien régime. Elle représente Saint Jérôme dans une position assise, visage méditatif, un coude posé sur le livre des Saintes Écritures. Sa main opposée soutenait un Crâne avant qu’elle n’eût fait l’objet de vandalisme. Un symbole de la vanité des choses matérielles de ce monde.
La nouvelle élévation du calvaire va être effectuée par le groupe de bénévoles en place. Au préalable, il faudra effectuer des travaux de terrassement et couler les fondations. Un moine sculpteur du monastère Saint-Joseph de Solignac refaçonnera les éléments qui ont été vandalisés ainsi qu’une nouvelle Croix au sommet de la stèle.
La restauration de l’ensemble nécessitera de mobiliser la somme de 25 000 euros.
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